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Les Rocheuses canadiennes loin des foules

J'ai longtemps rêvé de montagnes immenses, de forêts mystiques et de lacs turquoise, bercée par les récits d'aventures nord-américaines. J'ouvre les yeux, j'y suis, je ne rêve plus.

Cette année, explorer les Rockies – Rocheuses – est un peu particulier : en raison du covid-19, les frontières canadiennes sont toujours fermées cet été. Cette zone habituellement très touristique se retrouve donc vidée de ses touristes internationaux.

Je fuis en général les endroits trop fréquentés. Cet été, c’est l’occasion d’explorer les plus beaux spots de la région sans devoir se préoccuper de réserver des mois à l’avance une randonnée ou un camping – ce que je ne fais d’ailleurs jamais. 

Bien sûr, covid ne veut pas dire zéro touristes. Les canadiens adorent le camping, et en profitent bien cet été. Un bref arrêt à Lake Louise en pleine journée un dimanche nous a bien montré que les Rocheuses peuvent aussi ressembler à Disneyland. 

Voici comment nous avons profité de la région sans les foules, en pratiquant le social distancing en pleine nature. 

Explorer Yoho National Park

Contrairement aux très connus Banff et Jasper National Parks, le parc Yoho est situé en BC (British Columbia), et pour une raison mystérieuse, il est beaucoup moins fréquenté que ses voisins. Il abrite des glaciers, des lacs aux couleurs turquoise et émeraude, des chutes spectaculaires et plein de spots de camping en pleine nature. Parmi les parcs nationaux des Rocheuses, il est mon préféré.

🔸 Un Trail : Le Yoho Glacier Trail (8km AR), assez challengeant, vous donnera la sensation d’être seuls au monde, surtout si vous l’empruntez en début de saison. La neige est encore bien présente, et une partie du Trail consiste à marcher dans les rochers (scrambling). Une bonne paire de chaussures de randonnée est nécessaire et des bâtons peuvent être très utiles sur ce trail.  Nous avons combiné ce trail avec le Yoho Valley Trail, une boucle qui commence au parking des chutes Takakkaw, suit la Little Yoho River, monte jusqu’aux Twin Falls et revient par la Yoho Valley.

À noter : le Iceline Trail, très scénique et celui que j’avais prévu de faire, était début juillet encore couvert de neige en raison de son exposition. Une ranger m’a déconseillé de le tenter, j’ai donc changé les plans au dernier moment et choisi le Yoho Glacier Trail.

🔸 Un camping dans le parc : Takakaw Falls camping, pour dormir aux pieds de ces superbes chutes de 373m.

🔸 Un camping hors du parc : le long de la Beaverfoot River, juste avant l’entrée Ouest du parc. Coordonnées ici.

🔸 Une balade : Emerald Lake loop, à faire en semaine pour éviter les promeneurs du week-end. Emerald Lake est moins fréquenté que les lacs Moraine et Louise, mais tout de même assez populaire. On peut y louer un Kayak (location à CA$70 l’heure).

Bon plan : amener son propre kayak pour profiter du lac en toute tranquillité (bon faut avoir un kayak sur le toit de sa voiture comme la plupart des canadiens).

En 2020, la navette effectuant la liaison vers le lac O’Hara (partie sud du parc) n’est pas en service, en raison du covid. Il n’est pas possible de prendre la route d’accès avec sa voiture personnelle. Pour les plus motivés, le seul moyen de rejoindre cette zone du parc est de marcher 22km AR le long de la route.

Yoho Glacier Trail – Paolo Dubost ©️

Un coucher de soleil à Lake Louise

En soirée, montez jusqu’à la Teahouse en suivant le Lake Agnes Trail (6km AR), pour une vue sur les montagnes à la lumière du soir. 

Nous sommes partis à 19h, le trail n’était quasiment pas fréquenté. Nous étions tous seuls au lac Agnès, et quasiment tous seuls au Lac Louise au retour de la marche. 

Même si nous étions un soir de semaine, cette tranquillité s’explique par le fait que l’hôtel Fairmont soit quasiment vide cette année – la majorité des guests étant des étrangers.

A prévoir : un répulsif anti-moustique, accessoire indispensable sur ce trail. 

Camper à Abraham Lake

Situé en dehors du Banff National Park, le Lake Abraham abrite le meilleur camping spot que j’ai eu l’occasion de tester dans les Rockies. Gratuit, avec une vue incroyable sur le lac et les montagnes, il se situe juste au début du lac, au sud, à environ 20 minutes en voiture de la Saskatchewan River Crossing (sur la route 11).

Le lac est le plus grand de toute l’Alberta, et il est en fait artificiel. Il n’en demeure pas moins magnifique avec sa couleur turquoise, comme les autres lacs glaciaires des Rocheuses. En hiver, il est connu pour un phénomène unique. La présence de méthane forme des bulles à la surface, ce qui fait du lac un endroit très prisé par les photographes.

🔸 Une hike toute proche : le Tuff Puff Trail (11km AR), avec un bon dénivelé, une végétation alpine très fleurie et une vue imprenable sur la rangée de montagnes. Cette hike est aussi une bonne occasion d’admirer la Wild Rose, fleur symbole de l’Alberta.

🔸 Vu : un grizzli empruntant le trail 10 minutes après la fin de notre randonnée. Les rocheuses abritent de nombreux ours, il n’est pas rare d’en apercevoir le long de la route. Attention, le grizzli n’est pas aussi commode que l’ours noir. Pour pourrez facilement le reconnaître grâce à sa bosse entre ses épaules, sa taille beaucoup plus importante, sa couleur généralement plus marron que noire et sa tête au museau concave (l’ours noir a le museau plus droit). Pour en savoir plus sur les ours noirs, c’est ici.

Parcourir la Icefield Parkway en soirée

L’Icefield Parkway est la route scénique qui relie les parcs nationaux de Banff et Jasper. Elle est considérée comme une des plus belles routes du monde, et je comprends pourquoi. On en prend plein les yeux sur ces 230 km : montagnes gigantesques, glaciers, waterfalls, lacs turquoise et animaux sauvages.

Cette route est très empruntée, notamment par les RV (camping-cars), et il faut souvent s’attendre à des ralentissements et réserver les campings en avance. Lors de mon passage, la plupart des campings le long de la route étaient fermés en raison du covid, ainsi que l’accès à certains points touristiques comme Peyto Lake.

Conseils pour parcourir Icefield Parkway :
🔸 Si vous avez le temps, faites le trajet dans les deux sens. Les paysages sont différents selon le sens où vous parcourez cette route. De plus, selon les jours et la météo les couleurs sont vraiment différentes. Nous avions conduit de Banff à Jasper un jour très nuageux, c’était donc idéal pour photographier les chutes d’eau. Au retour de Jasper, nous avons eu une journée très ensoleillée ce qui nous a permis de bien voir les montagnes.
🔸 Parcourez la route en soirée ou très tôt le matin, les couleurs n’en seront que plus belles. L’avantage de conduire en soirée est l’absence des foules. En moyenne, les canadiens se couchent plus tôt que les européens, ce qui explique que certains endroits plutôt touristiques se vident le soir.

Le glacier Athabasca

Ce glacier est un des incontournables de l’Icefield Parkway. C’est aussi le glacier nord-américain le plus visité, du fait notamment de son accessibilité. 15 minutes de marche depuis le parking lot suffisent pour l’admirer. Le glacier recule d’environ 5 mètres par an en raison du réchauffement climatique, et on peut voir sur des panneaux explicatifs le niveau de glace présent il y a une dizaine d’années seulement. C’est assez inquiétant.

Durant la journée, un bus emmène des touristes sur le bord du glacier, ce que je trouve sans intérêt et assez dérangeant. Quelle idée de rouler sur un glacier.

Finalement, j’ai été plus impressionnée par les montagnes aux alentours, et les couleurs, que par le glacier en lui-même. Nous étions sur place à 20h, et tous seuls.

Paolo Dubost ©️

Marcher sur le Skyline Trail

Par manque de temps, et pour cause de grêle (oui en juillet), nous n’avons pas complété les 44km point-to-point de ce très scénique trail dans le parc national de Jasper. Il est assez emprunté en général, les gens réservent des places dans les campsites le long du trail longtemps en avance. Mais en raison de la présence de neige début juillet peu de randonneurs se sont aventurés sur le trail à ce moment-là. 

Nous avons dormi au Snowball camping, qui comme son nom l’indique, était couvert de neige (et de boue). Seuls 2 emplacements de tente étaient libres de neige, et nous étions les seuls dans le campement. 

Nous n’avions pas vraiment prévu de faire du backcountry hiking, donc nous n’avions pas assez de bouffe et une bouteille de gaz quasi vide. Ce qui a rendu l’expérience assez mémorable. 

Après avoir monté nos tentes nous avions prévu de marcher encore 8km jusqu’au col, mais une tempête de grêle nous a finalement poussé à faire demi-tour.

Quelques conseils pour préparer le Skyline Trail :

🔸 Accès
Il y a 2 trailheads : Maligne Lake, au sud du trail, à 1h de route de Jasper, et Signal Mountain, au nord du trail, juste après Maligne Canyon, à environ 15 minutes de route de Jasper.
Je conseillerais de commencer au sud, à Maligne Lake, car la montée est bien moins raide dans le sens sud -> nord. Si vous avez un véhicule, vous pouvez le laisser à Signal Mountain et prendre la navette ou faire du stop pour aller à Maligne Lake. Maligne Adventures met à disposition une navette depuis Jasper, pour 35$ par personne

🔸 Camping
Vous aurez besoin d’un permis de backcountry, il faut réserver en choisissant un campsite (ici pour réserver). Si tout est complet, pas de panique, les annulations sont très fréquentes sur ce trail. Lorsque nous avons réservé, il ne restait plus qu’un spot de libre, et finalement nous étions tous seuls dans le campement.

Il y a 6 campsites le long du trail, sud au nord : Evelyn Creek, Little Shovel, Snowball, Curator, Tekarra et Signal. Si vous commencez par le sud, je conseillerais de passer la première nuit à Snowball (à 13km du départ) ou Curator (20km). Evelyn Creek et Little Shovel n’ont pas un grand intérêt comparés aux autres. Les meilleurs campsites sont Curator et Tekarra, qui sont séparés de 10km par la partie la plus intéressante du trail. Les campsites disposent tous de bear boxes pour ranger la nourriture.

Source : Parks Canada

🔸 Equipement
En début de saison (juin – juillet), le trail est très boueux et parfois encore plein de neige. Des hautes chaussures de montagne waterproof et des guêtres ou pantalon waterproof sont indispensables. Les nuits sont très froides, même en plein été, il faut prévoir l’équipement en conséquence. Enfin, comme pour beaucoup de trails au Canada, n’oubliez pas le répulsif anti-moustique.


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